Jeudi 19 avril 2012
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Ce portail (XIème-XIIème siècle) est un
témoin important de l’évolution architecturale et iconographique des portails romans. Il est, en effet, le premier à créer une logique de dépendance réciproque entre le tympan et le
linteau.
Le tympan : figure le thème de
l’Ascension. Le Christ, au centre, est entouré de quatre anges, deux debout et portant le sceptre royal et aux extrémités deux anges semi-agenouillés. Il est soutenu par deux anges pour son
élévation au ciel. Ses mains sont tendues vers le ciel. Trois inscriptions apparaissent autour de sa tête : « alpha et oméga » (commencement et fin), « DEUS PATER » et
« REX ». Nous regardons le Christ vainqueur de la mort et allant vers le Père, roi du monde. Les pieds de tous les personnages reposent sur un bandeau de nuages. Ce tympan est une
vision céleste. Un bandeau constitué d’une vigne termine le tympan et marque la transition du ciel vers la terre.
Le linteau : il présente les douze
apôtres auréolés et alignés les uns à côté des autres. Certains regardent le tympan d’autres semblent se mettre en route pour prêcher la Bonne Parole ; ils portent tous un livre. Leurs pieds
reposent sur un rebord continu symbolisant la terre. C’est la réalité de la vie sur terre. Aux extrémités du linteau, deux anges avec leurs ailes.
Les consoles : sculptées, elles soutiennent les extrémités du linteau ; sur
celle de gauche, on reconnaît le roi David avec son instrument de musique et son archet ; il est assis sur deux lions. A droite deux personnages
aux visages poupins sont assis chacun sur le dos d’un lion dont ils tiennent sous leurs bras la tête qu’ils ont ramenée sur leurs genoux.
Les chapiteaux : rappellent des scènes bibliques. De part et d’autre de la porte ils sont répartis en deux groupes :
A gauche, le chapiteau intérieur, sculpté sur ses quatre faces, a pour thème
l’Incarnation puis l’Annonciation avec l’ange Gabriel et l’encensement de la Vierge par un ange.
Le chapiteau extérieur, sculpté sur deux faces rappelle le
Massacre des Innocents avec une mère qui tente de soustraire son enfant aux coups d’un homme puis un autre homme brandit une épée sur la tête d’un enfant qu’il tient de l’autre
main.
A droite, le chapiteau intérieur, sculpté sur ses quatre faces traite du Péché
Originel montrant Adam et Eve cachant leur sexe avec une feuille de figuier puis un ange conduisant Adam hors de l’Eden. Enfin un ange garde la porte du Paradis désormais
interdit.
Le chapiteau extérieur semble ne pas appartenir à l’univers et aux
références de l’ensemble puisqu’il est constitué de feuillages habités d’animaux.
Les écoinçons, sous la corniche, sont consacrés à deux
apôtres :
A gauche, l’inscription sur l’auréole
nous avertit que nous regardons Saint Jacques le Majeur. Il porte une main à sa ceinture serrant avec son bras un livre tandis que l’autre main,
paume ouverte, et bras levé au ciel. Ses pieds reposent sur deux oiseaux. De chaque côté sont dis posés des bâtons.
Sa présence ici scelle la basilique de Saint Sernin comme étape sur le chemin de
saint Jacques de Compostelle.
En dessous de l’Apôtre, un homme barbu est entouré de deux femmes assises sur des
lions qu’elles retiennent par leurs crinières. L’homme entoure de ses mains les épaules des femmes qui se regardent.
A droite l’apôtre Pierre reconnaissable par l’inscription « SANCTUS PETRUS
APOSTOLUS » outre les clefs à sa ceinture. A ses pieds, deux lions massés en boule ; derrière, des montants verticaux soutiennent une vigne ; deux anges tiennent chacun dans une
main un disque de l’autre main, un objet. Sous les pieds de Pierre, un magicien surnommé Simon est identifié par l’inscription gravée près de sa tête « MAGUS » et sous ses pieds «ARTE
FURENS MAGICA SIMON IN SUA OCCIDIT ARMA »
Ou «Simon succombe à ses propres armes ». Deux diables ailés tentent de soulever
Simon de son siège.
La corniche supérieure, avec ses deux frises superposées et décorées du même motif
floral, comporte huit corbeaux de motifs différents : monstres, feuillages, visages féminins seul ou associés à des animaux fantastiques.
Pourplus de détails textuel et photographiques
consulter: http://www.gegeloccitan.com/article-basilique-saint-sernin-porte-miegeville-91342707.html